54. Un puits sans fond

« J’ai l’impression d’être une toile neutre, sans motif, sans but, sans paysage ; une nature morte, un vase – clos – brisé, dont on aurait éparpillé les morceaux… Vous comprenez Angloma ? »

« Je comprends, oui ; enfin, j’imagine que je comprends… »  

« Je suis lasse, tellement lasse… Je me demande parfois à quoi ça rime tout ça… Et tout ce vide autour de moi… Vous m’entendez Angloma ? »

« Je vous entends, oui ; enfin, j’imagine que je vous entends… »  

« Toutes ces heures en creux, remplies de souvenirs à la dérive… Can you feel it Angloma ? »

« Je le sens, oui ; enfin, j’imagine que je le sens… »  

« Des silhouettes surgissant de nulle part envahissent mon œil mi-clos et anéantissent  au loin – mes raisons d’espérer… Les voyez-vous Angloma ? »

« Je les vois, oui ; enfin, j’imagine que je les vois… »  

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« Tous les pores de ma peau s’ouvrent en autant de gouffres béants et voilà que je tombe – voyez comme je tombe ! – aspirée à l’intérieur de moi-même comme dans un puits sans fond… Vous me suivez, dites, Angloma ?  »


Angloma

Angloma ?

Angloma ?

 

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Le 14/11/2011