17. Une belle rencontre

Fin des premières sessions au Studio Ferber. Les chansons dont je connaissais les maquettes et que j’ai entendues se construire – ou se déconstruire pour mieux se reconstruire – au fil du temps, laissent présager un album aux croisements riches et singuliers. Comme une belle rencontre.

Les trois « marins-capitaines » – Vincent Taeger, Vincent Taurelle et Ludovic Bruni – que Sophie a choisis pour coréaliser avec elle La place du fantôme, apportent aux morceaux déjà très élaborés par leur auteure, une couleur et une identité qui leur est propre.

Les avis ont parfois divergé sur tels ou tels partis pris d’arrangements, mais l’intention de chacun étant visiblement de marcher dans la même direction que l’autre – quitte à emprunter un chemin différent –, le mouvement fut respecté et les séances fructueuses.

Quand l’un balance ses idées comme un athlète lance le disque, avec force et conviction – ou à l’aveugle, droit devant –, les deux autres temporisent et désamorcent le « conflit » sous-jacent en un joyeux conciliabule. Ce trio-là se pratique depuis un moment déjà et ça se voit. Ils ont appris à fonctionner ensemble et à faire une place – sur leur terrain de jeu – à la folie de l’autre. La Grande Sophie peut donc y installer ses envies, ses manies, ses doutes, ses obsessions.

Ils débarquent dans l’aventure avec la fraîcheur de jeunes matelots ayant déjà fait plusieurs fois le tour du monde et posent sur les chansons de LGS une oreille neuve. Leur intention principale – et avouée – est d’inviter celle qui maîtrise parfaitement sa voix, à moins de self-control, à plus de « lâcher prise » – expression à la mode que je déteste entre toutes, mais qui là, pourtant, me semble avoir du sens – et de fragilité assumée.

Studio Ferber, septembre 2011.

Au final, après avoir écouté et réécouté les propositions de chacun et pris l’avis de ceux en qui elle a confiance – sa « Mademoiselle & Co » manageuse, son héros familier, son ami qui joue les fantômes – c’est LGS qui tranche, à la lueur de son intime conviction.

« En studio, on doute de tout », me confie Sophie. Sans doute. Mais ce dont je ne doute pas, c’est que cet échange entre Eux et Vous donnera quelque chose de vivant, comme les rires que j’entends parfois sur la corde et leurs dissonances passagères, entre deux accords ; de celles qui servent la musique et rajoutent quelque chose à la matière vibrante, là où l’écueil serait de vouloir être lisse.

Votre ear monitor,

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Le 11/09/2011