Elle surplombe le frigo pense-bête où j’ai noté sur vingt-cinq post-it de couleurs différentes :
« Essayer de s’organiser correctement pour tout oublier »
Je l’allume dès le matin comme on met le nez à la fenêtre et elle me donne de mes nouvelles en me parlant du monde qui m’entoure.
Aujourd’hui, à l’aube, elle m’annonce que la lune a rajeuni de deux cent mille ans ; plus tard, elle m’apprend qu’il est possible de repigmenter mon épiderme de fantôme grâce aux cellules souches. Intéressant… Soudain, entre deux brèves, un spot publicitaire émanant de ceux qui nous gouvernent fait sursauter mon poste orange : « Frauder, c’est voler, celui qui fraude sera sanctionné », menace l’intrus dans le transistor.
J’imagine un refrain plausible à ce couplet dévastateur… Quelque chose comme : « Apprenez à suspecter votre voisin. Dénoncez vos amis – frères humains – s’ils ne se comportent pas en parfaits citoyens. »
Ma radio a froid dans le dos, moi aussi. On zappe illico.
Changement de fréquence et de ton. Une chanson de La Grande Sophie – en duo – mixée façon sixties, envahit bientôt les ondes et me rappelle les standards de Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. La mélodie aérienne souffle un vent salvateur dans ma cuisine en panique et calme un peu mon esprit frondeur.
« Adieu mon ange… Adieu les beaux jours… Je reviendrai peut-être », lance-t-elle à son amour.
Alors je me glisse un instant dans la voix du « lover » (du voleur ?) radiophonique au timbre grave, pour lui susurrer à mon tour :
« Si tu pars, je serai patient… Si tu reviens, dis-moi le jour… Je t’apporterai des roses rouges. 1 »
La machine à café s’enraye et mon rival matutinal disparaît sous la mousse et le bruit du percolateur. Je m’éloigne en chantant « Goodbye for ever », comme on referme la boîte de Pandore de ses souvenirs lointains.
1 Des roses rouges (P&M : LGS)
Photos by Alpdf

















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J'aime ce titre à deux voix. Le cristallin mêlé au sensuel...
Sans vouloir en rajouter sur le sujet (et avec un certain retard), ce discours est tout simplement navrant, triste quoi (et là je pèse mes mots...), nous n'avons vraiment pas les mêmes valeurs...
Comment répondre à vos questions – à vos soupçons – sans froisser vos draps blancs de petits fantômes… Serais-je cet « homme » que certains évoquent ici et là dans leurs commentaires ? Hmmmm… Pourquoi pas, mais pourquoi Lui plutôt qu’Un (ou Une) autre ? Je suis d’abord « Vous tous » qui me lisez ; vous me suivez ? Et cela me fait penser à ce refrain que chantait Jeanne Moreau : « Je suis vous tous qui m’écoutez/Plus quelque chose que je ne sais/Pas plus que vous mais que je touche/Et qui me force à me livrer/Vêtue de nu, débarrassée/Autant de vous que de moi-même… » Merci pour vos nombreux messages, qui me font plaisir autant qu’à ma Grande amie. A bientôt sur « la page », la nôtre désormais. Votre fantôme au bout du fil, Alpdf
Comme diraient les Dupond-Dupont "Fantôme ou pas, vous êtes cerné, mon gaillard !" Reste à décrypter cette mystérieuse signature...
En tout cas sacré ectoplasme ce ALPDF en effet on t'a reconnu
je vois qu'on est de plus en plus nombreux à penser la même chose ! ;-)
On lèverait pas un p'tit bout de voile là ???
Mister Philippe Bresson serait t'il un poltergeist qui s'ignore?
mmmh mmmh.... Euh mais qui interprétait Friday dans la marée d'Inox... Pierjé, à mon avis on a pensé au même fantôme...
J'adore ce titre aussi. Et moi aussi, ce message à la radio me choque...
Mais... le fantôme qui se cache sous le voile ne serait-il pas l'interprète masculin de ces roses rouges ?