3. Écris-moi

29 août 2011, 17 heures. Il est temps pour moi de rejoindre LGS au Studio Ferber.

Dans le bus qui me conduit vers la porte de Bagnolet, je me branche sur Ma radio et pense à La Femme d’à Côté 1. Je me souviens que Mathilde – Fanny Ardant dans le film – est hospitalisée après sa rupture avec le personnage interprété par Gérard Depardieu. Quand il lui apporte des piles pour son transistor, elle dit : « J’écoute uniquement les chansons. Parce qu’elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies. D’ailleurs, elles ne sont pas bêtes. Qu’est-ce qu’elles disent ? Elles disent : que je t’aime… ne me quitte pas… ton absence a brisé ma vie… je suis une maison vide sans toi… laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre… ou bien… sans amour, on n’est rien du tout. »

Un film de François Truffaut (1981) ; musique : Georges Delerue

Ferber, 17 heures 30. Les machines sont prêtes. Le studio, silencieux. A l’écart dans sa cabine, Sophie, seule à la guitare, murmure à qui veut l’entendre « Écris-moi… Écris-moi… », bientôt rejointe par les trois musiciens qui co-réalisent avec elle son sixième album. Une, deux, trois prises live et la mélodie devient déjà indispensable à mes oreilles de fantôme qui en ont pourtant vu d’autres. La voix est juste et précise, présente – hantée? –, habitée. Même le plancher craque. Alors, pour ne pas en rajouter, je marche sur la pointe des pieds, armé de mon capteur d’images que je dépose très vite à terre comme on se rend… à l’évidence. J’écoute, l’œil en éventail. Et je jure – en secret – de ne « jamais mettre entre parenthèses ce qui nous unit. »

A demain,

Alpdf

Photographies par Alpdf 

Roman Scrittori : La femme d’à côté, 1/4 de siècle après (2007)

 

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Le 29/08/2011